Le peuple sénégalais assiste, médusé, à un énième reniement du Président de la République.
Alors qu’il a officiellement indiqué, dans sa réponse écrite à la demande d’avis du Président de l’Assemblée nationale, réitérée par le ministre de la Justice devant la représentation nationale, son intention de soumettre le texte au référendum, le Président de la République s’est dédit pour saisir le Conseil constitutionnel à l’effet d’invalider l’ensemble du texte.
Par ce recours, il admet que le texte est définitivement approuvé, en conformité avec la jurisprudence constante du Conseil constitutionnel, qui considère que l’adoption aux trois cinquièmes des suffrages exprimés réalise à la fois l’adoption et l’approbation.
En effet, le Président de la République ne peut saisir le Conseil constitutionnel d’un recours contre une loi de révision constitutionnelle que lorsque les différentes étapes de la procédure sont définitivement achevées. Il en découle également que, contrairement à son engagement, il enterre définitivement l’arbitrage du peuple souverain par la convocation d’un référendum, dont il se soustrait pour éviter une débâcle électorale prévisible et cuisante.
Nous, députés, porteurs de la proposition de révision constitutionnelle, sommes convaincus que, face à l’extrême faiblesse juridique des moyens développés par le Président de la République dans son recours, le Conseil constitutionnel, dont les décisions s’imposent à tous, rejettera celui-ci et ouvrira ainsi l’étape finale de sa promulgation.
