C’est plus que de la honte. L’histoire, la vraie, est falsifiée. « Révolution », un mot qui vient d’être trahi. La souffrance du peuple assoiffé de justice est également tombée dans l’oubli. Le pouvoir rend fou, et les promesses du passé ne sont plus que des paroles. Désormais, la dignité ne sert qu’à mentir pour accéder au pouvoir.
Oui, l’histoire, nous l’avons vécue. La vraie, nous l’avons vécue dans les rues. Face aux caméras, les témoignages des victimes et des familles resteront gravés dans nos consciences.
En vérité, le Sénégal de l’après-alternance en 2024 ne devrait être qu’un pays nouveau, là où un « nouveau système » ne devrait pas se construire.
Au contraire, il aurait fallu combattre de toutes ses forces tous les systèmes qui se sont servis du peuple depuis les années 60. C’est une triste réalité qui donne un goût amer aux mots « décolonisation » et « indépendance » : de simples illusions.
Bassirou Diomaye Faye, en tant que président, a trahi le peuple. Il se contente de son entourage et de sa coalition. Il ne croit plus aux critiques ni à la raison des faits : la vérité est déformée.
En réalité, le seul combat valant la peine était de libérer économiquement le pays de l’embargo des entreprises étrangères qui ne cessent de dicter leur loi sous de nouvelles formes.
Pour vous dire la vérité, ce programme « Sénégal 2050 » est semblable à celui du « Sénégal Émergent », purement inventé par l’Occident. Au final, il ne s’agit que de bâtir des infrastructures et non de transformer la réalité quotidienne du Sénégalais qui, passionnément, souhaite participer à la transformation industrielle du pays.
Malheureusement, le pays tend vers des lendemains peu rassurants. La politique, et rien que la politique, sera le maître mot d’ici là, dans le seul but d’être réélu.
Matar Cissé, journaliste.
