Les travailleurs de la Fondation Trade Point Sénégal dénoncent avec la plus grande fermeté la responsabilité politique et administrative du Ministre de l’Industrie et du Commerce, Monsieur Serigne Gueye DIOP, dans la grave crise institutionnelle, sociale et financière que traverse aujourd’hui la Fondation.
Pour les travailleurs, cette crise n’est ni le fruit du hasard ni la conséquence de simples dysfonctionnements administratifs. Elle résulte de décisions prises sous l’autorité du Ministre, malgré les nombreuses alertes, les démarches de dialogue engagées par le personnel et le mémorandum qui lui a été officiellement remis.
Trade Point Sénégal est une Fondation reconnue d’utilité publique, régie par la loi nº95-11 du 7 avril 1995 et le décret n°95-415 du 15 mai 1995. Dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et financière, elle est administrée conformément à ses statuts, lesquels confient exclusivement au Conseil de Fondation la compétence de nommer l’Administrateur Général.
Malgré ce cadre juridique, le Ministre a maintenu à la tête de la Fondation son Conseiller économique, Monsieur Mamadou Ibrahima FALL, en dépit de la vive opposition du personnel, qui estime que cette décision est contraire aux dispositions statutaires et porte atteinte à l’autonomie de gouvernance de la Fondation.
Les travailleurs mettent également en cause le Ministre dans le projet de substitution de Trade Point Sénégal par une structure dénommée « MISEN – Made in Sénégal », alors qu’à ce jour aucun texte légal ou réglementaire ne consacre une telle réforme. Pour eux, cette démarche, conduite sans concertation et sans base juridique connue, plonge
volontairement la Fondation dans une insécurité institutionnelle inacceptable.
Depuis ces décisions, les travailleurs constatent une dégradation continue de la gestion de la Fondation : augmentation significative de la masse salariale, création de nouvelles directions, location de nouveaux bureaux à des coûts élevés alors que le siège est disponible, retards de paiement des salaires, non-paiement des cotisations patronales dues à l’IPRES et à la Caisse de Sécurité sociale, ainsi que des décisions administratives dont la régularité appelle des vérifications.
Le personnel s’interroge également sur plusieurs missions effectuées sans validation préalable du Conseil de Fondation. Le déplacement en Italie dans le cadre du salon international Tutto Food, effectué avec l’aval du Ministre, soulève des interrogations quant à sa régularité, à sa composition et à son financement. Les travailleurs exigent que toute la transparence soit faite sur ces opérations.
Face à cette situation, les travailleurs rappellent avoir privilégié le dialogue. Ils ont sollicité à plusieurs reprises l’intervention du Ministre, demandé le départ de Monsieur Mamadou Ibrahima FALL et réclamé l’envoi d’une mission de l’Inspection administrative et financière.
Malgré ces démarches, aucune mesure corrective ni aucun contrôle effectif n’ont été engagés.
