Une série d’opérations policières et de témoignages accablants met aujourd’hui en lumière l’ampleur inquiétante des activités liées à Qnet au Sénégal et dans la sous-région. Derrière des promesses d’emplois et de revenus rapides, désormais un système structuré d’escroquerie, aux ramifications transnationales, pourrait bientôt faire l’objet de poursuites judiciaires d’envergure.
Le 4 janvier 2026, la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh, appuyée par la Gendarmerie nationale, a procédé au démantèlement d’un réseau actif dans les zones de Niacourab et Tivaouane Peulh. Huit individus, présentés comme les principaux animateurs du système, ont été interpellés. Tous sont de nationalité étrangère.
Selon les enquêteurs, ces derniers utilisaient des plateformes en ligne pour appâter leurs victimes avec de fausses offres d’emploi, exigeant des frais d’inscription allant de 600 000 à 1 500 000 FCFA. Au total, 17 550 000 FCFA auraient été encaissés.
Plus inquiétant encore, 24 personnes identifiées comme victimes ont été retrouvées sur place, illustrant l’ampleur du phénomène.
Les faits rapportés confirment un schéma récurrent. Dix-huit individus liés à un réseau Qnet avaient été arrêtés après la plainte d’une victime, abusée à hauteur de 650 000 FCFA.
Le procédé est toujours le même : attirer les victimes avec une promesse d’emploi, exiger un paiement initial, imposer l’achat d’un produit (comme le BioDisc), conditionner les gains au recrutement de nouveaux adhérents.
Un système assimilable à une pyramide financière déguisée, dénoncent plusieurs sources.
À Mbour, une autre intervention policière a permis de libérer 45 personnes, dont 29 femmes, enfermées dans ce qui était présenté comme un centre de formation. Les victimes affirment avoir été trompées par de fausses promesses de stage professionnel.
Plus grave encore, certains témoignages évoquent des cas de séquestration. Deux jeunes Sénégalais revenus du Ghana décrivent un véritable système d’exploitation : privés de liberté, soumis à des pressions psychologiques, voire à des privations de nourriture.
Ces éléments rapprochent l’affaire de pratiques relevant potentiellement de la traite de personnes.
Les différentes affaires révèlent un réseau structuré impliquant plusieurs nationalités et opérant entre le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et même le Ghana.
Des recruteurs locaux seraient chargés d’acheminer les victimes, tandis que des relais à l’étranger assureraient leur exploitation. Cette organisation transfrontalière renforce la gravité des faits et complique les enquêtes en cours.
La répétition des faits et leur ampleur pourraient conduire à une réponse judiciaire exemplaire, afin de démanteler définitivement ces réseaux.
Déjà controversée dans plusieurs pays, la société Qnet voit son image sérieusement écornée au Sénégal. Si l’entreprise se présente comme une plateforme de vente directe, les pratiques observées sur le terrain semblent en totale contradiction avec ce discours.
Pour de nombreux observateurs, il ne s’agit plus de cas isolés, mais bien d’un système structuré exploitant la vulnérabilité de jeunes en quête d’opportunités.
